20 Aug
20Aug

L'interview de Didier Berger sur son roman NEVADA et ses bons conseils/expériences en éditions...

Bonjour, Didier, je (Tom) suis ravi de te faire cette interview, comment vas-tu ? 

Je vais bien merci, j’espère que toi aussi ? 

Oui je te remercie. Le moins que l’on puisse dire, et même si tu n’aimes pas qu’on parle de ta vie privée, c’est que tu reviens de loin ? 

Tu fais allusion à mon pépin de santé et qui a bien failli aller me faire tutoyer les anges ?   

Oui c’est à ça que je pense…comment se sent-on après une telle frayeur ?   

Eh bien disons que je me sens surtout soulagé d’être encore vivant. Que j’aime la vie plus que jamais et que j’espère que la vie est belle pour tous celles et ceux qui liront cette interview. 

Cela a-t-il changé ta vision du monde ? Ton mode de vie ? 

Non, pas vraiment. J’ai toujours été très conscient de la mort. Ce n’est pas un sujet tabou pour moi. Je la connais bien pour l’avoir côtoyée assez souvent lorsqu’elle rôdait autour de ma mère. Même si elle ne m’a jamais effrayé, je sais qu’elle représente la fin de tout. Du moins, de ce que l’on en sait. Ma vision du monde est donc la même et cela depuis bien longtemps déjà. Je n’ai pas eu besoin d’un sale coup comme celui qui m’est arrivé pour m’en rendre compte. Mais si ça doit avoir changé quelque chose, ça a sans doute encore plus accentué cette facilité à évincer ce qui ne fait pas du bien, les gens qui m’emmerdent ou sont néfastes, les situations dont je ne veux plus.   

On peut ressentir la force que tu as mise dans le personnage de Laurette, ton roman sortit ce mois et ce pour quoi je t’interviewe. Quelle belle et forte histoire… 

Oui, je suis très fier de ce roman. Même si Neil devrait être aussi dans cette interview, mais qu’il n’a pas voulu me faire de l’ombre, car il pense que ça me revient de droit, le travail qu’on a fait ( la réécriture de ce roman)me comble de joie. Franchement. C’est tellement agréable de voir vivre ces personnages atypiques et drôles parlant de sujets aussi tabous que la sexualité à un âge avancé, la mort, les regrets, la vie de couple de son fils gay, la violence conjugale, l’espoir bien sûr, l’estime de soi… Plein de sujets que j’ai tenté de mettre en avant et qui a fait mouche, lors du concours d’écriture cinématographique.   

C’est incroyable cette histoire ? 

Oui, je me suis bien demandé ce qui m’arrivait lorsqu’on m’a contacté pour me dire que je faisais partie des 3 derniers finalistes. Mes concurrents travaillaient l’un à France 2 et l’autre à Canal +, ce qui me fit me contracter toujours plus. J’étais à des années-lumière de ce monde audiovisuel, mais apparemment, mon style d’écriture les avait convaincus que cette histoire avait la trempe d’être filmée et pourquoi pas, devenir un film, puisque c’était le but. Ce fut une folle expérience et l’occasion de côtoyer des gens que jamais je ne côtoierais. 

Comment résumerais-tu NEVADA ? 

Un concentré d’énergie qui fait du bien. Une aventure complètement dingue, mais tout à fait crédible. Des sujets de société importants et une espèce de concentré positif qui fait du bien. Laurette est une femme courageuse qui découvre soudainement que l’amour peut être beau, qu’elle a une responsabilité dans la disparition de son fils et qu’elle est en possession de ressources dont jamais elle n’aurait imaginé un instant, l’existence. C’est aussi une leçon de courage. 

De qui t’es-tu inspiré pour un tel personnage ?   

De ma mère, mais dans son cas, elle n’a pas eu ce courage de tout quitter et se rebeller. Je voulais utiliser ce personnage pour la faire parler et agir quelque part, comme j’aurais voulu que ma mère agisse. 

Il n’y a pas qu’une romance entre Laurette et Brady, son cadet de plus de vingt ans, mais la belle histoire que l’on découvre au fil des pages et comme une enquête de son fils, Sacha, à qui elle écrit tout au long de cette histoire et son compagnon, qu’elle côtoie sans le savoir, mais le devinant. D’où est venu cette idée géniale ? 

De qui tu veux dire ? De Neil, et je l’en remercie. Il m’a permis des pépites comme celle-là, ce qui a passablement enrichi l’histoire de Sacha et son compagnon. L’idée de semer des indices comme le Petit Poucet pour retrouver l’histoire e son fils et qui sais… m’a tout de suite séduite. J’ai trouvé cela génial et très intelligent.   

Tu décris à merveille ce désert et cette région du monde que tu sembles connaître très bien, que peux-tu en dire ? 

Les États-Unis sont à la hauteur des paysages qui les façonnent. Un concentré de beauté, d’extrêmes et de violentes conditions pour ne pas dire de violence… Je connais très bien cette région du monde en effet, et les gens qui y habitent. Et pas seulement des villes, qui nous sont plus familières, mais également ceux des régions retirées, comme dans le Sud profond par exemple. Si j’adore les contrastes et les parcs que j’ai pu arpenter à maintes reprises, j’ai toujours eu du mal avec la mentalité américaine du « winner » et du « loser » assumé. Le peuple américain peut être très brutal, preuve en est les nombreux faits divers, mais ça ne semble pas trop ébranler les citoyens de ce pays. Je pense à cette loi sur l’avortement qui dernièrement a été annulée. C’est tellement grave pour les femmes que je peine à comprendre. J’ai l’impression qu’on est encore au Far West pour bien des choses… 

As-tu vécu une ou des histoires d’amour dans ce pays ? 

Tu m’as l’air bien curieux, Tom. Mais oui, ça m’est arrivé, mais je ne m’étendrai pas là-dessus. Ce fut surtout un moyen de côtoyer différemment les Américains que je croisai lors de ces relations. 

Pourquoi le Nevada ? 

Il n’y a pas que le Nevada comme État que Laurette visite, mais j’ai choisi le Nevada pour son aridité, son apprêté, sa rudesse, ses sols secs et ses caractères de personnes bien trempés que j’ai pu rencontrer moi-même. Des gens singuliers, venant de tous horizons qu’on ne peut imaginer. C’est bien plus excentrique que dans mon roman. La réalité dépasse souvent la fiction… 

Tu parles aussi dans ce livre des Mexicains, de leur exploitation ? 

Oui, ça me tenait à cœur. Toutes ces petites mains qu’on exploite ouvertement et qu’on renvoie dans des containers pour certains, je trouve ça aberrant. J’avais envie de leur rendre hommage et de faire un pied de nez aux instances gouvernementales américaines. 

Oui la scène ou Brady va tenter de les aider est assez grandiose pour bien représenter la mentalité sur le sujet ? 

Et ce n’est que la pointe de l’iceberg. Malheureusement, c’est une réalité et ça rejoint cette mentalité dure et sans sentiment qu’on peut palper à tout moment lorsqu’on voyage ou vit dans ce pays.   

Tu sembles un grand voyageur. Les lectrices et lecteurs qui ne te connaissent pas ne le savent peut-être pas, mais tu es parti de longues années autour du monde juste avec quelques affaires ? 

Oui, j’ai toujours aimé voyager même si ça m’arrive un peu moins souvent depuis quelques années. Je suis devenu plus responsable envers plein de choses, notamment mon taux de CO2, aussi ai-je réfréné mes envies de voyage ou les ai-je changées. Je prends des bus, des trains, à pied bien sûr puisque je suis un grand sportif… J’adore la nature comme tu le sais…  

Ton lieu de vie en est la preuve vivante ? 

Oui en effet, la communion avec la nature m’est indispensable pour garder un semblant d’équilibre.  

Parlons d’Écueil Éditions que tu diriges depuis sa création ? 

C’est une magnifique expérience qui me permet d’apprendre plein de choses. Sur l’autoédition puisque nous nous publions et j’invite d’autres auteurs qui voudraient faire partie de cette aventure… plus on est de fous plus on est fort je pense. Se mettre ensemble comme on l’a fait a été la meilleure idée qu’on est eue, car nous mettons à profit nos connaissances. Nous apprenons des uns des autres, mais pour cela faut-il bien s’entendre et ne pas avoir un égo démesuré. Nous fonctionnons comme une maison d’édition, mais gardons notre liberté. Nous mettons à profit nos connaissances, avons un correcteur en chef, nous relisons beaucoup ce qui aide, et nous profitons d’une structure (nous sommes une association) qui commence à être appréciée et qui devient de plus ne plus efficace. J’espère que l’aventure continue.   

En parlant d’égo, tu avais été interviewé par la radio et justement, il avait mis comme titre "Sympa fort, sans fort égo" et ça l’avait surpris avec ton parcours ? 

Ce titre est vraiment bien, je l’avais remercié, mais c’était très bon enfant comme ambiance. Et franchement, se prendre la tête pour ceci ou cela, parce qu’on écrit un livre ou fait tel exploit ? Très peu pour moi. J’ai beaucoup de peine avec les égocentriques, justement pour cette raison. Restons simples, on ne fait que passer sur cette terre alors…   

Espérons que beaucoup de gens t’entendront, car ce n’est pas vraiment le cas de tout le monde avec un parcours littéraire bien moins étoffé que le tien ? 

Oui, je sais qu’il y a des gens qui se prennent la tête, on m’a regardé de haut tu sais, alors que je commençais à écrire, lors de la parution de mon premier roman, mais ils ne sont pas plus avancés que moi. Je pense qu’ils ont dû bien moins bien vivre les moments creux et de doutes que nous avons tous, ne rêvons pas… 

Tu as eu la chance d’avoir un mentor à tes 13-14 ans qui t’a encouragé. Une célébrité à l’époque ? 

Non... Tu oses mettre ça sur le tapis ! Mais oui, j’ai eu la chance d’être soutenu par Daniel Gélin qui m’a encouragé par une correspondance ayant duré quatre ans de continuer à écrire. Alors que j’écrivais très mal. Mais il a été le père encourageant que je n’ai jamais eu. Le mien aurait piétiné ce don d’écriture s’il l’avait découvert, c’est pour ça que je l’ai tenu secret jusqu’à la parution de mon premier livre.   

Tu nous intrigues. 

Il y a des choses de vous qu’il vaut mieux qu’un pervers ne connaisse pas. Vous comprendrez dans les 3 tomes qui vont arriver l’année prochaine (de la non-fiction cette fois-ci) ou comment se libérer de parents manipulateurs. C’est un très gros boulot. Ça demande énormément de concentration et j’ai tendance à être plutôt brouillon qu’ordré, mais je serre les dents. 

Pour celles et ceux qui ne connaissent pas ton parcours, tu as beaucoup d’expérience en éditions, tu as pu essayer et testé toutes sortes de maisons dans ce domaine, et lors de nos discussions plus qu’intéressantes sur le sujet, je dois te pomper l’air, pourquoi ne pas mettre plus à profit les auteurs de ces connaissances, de cette expérience ? 

Je n’aime pas me mettre en avant comme tu le sais. Je suis plutôt discret et j’estime qu’on doit tous faire nos expériences. Je n’aime pas trop écouter les conseils infaillibles de certains et je me dis qu’il en va peut-être de même pour les autres vis-à-vis de ce que je pourrais leur apprendre. Et qui suis-je pour prodiguer des conseils ?  

 Pourtant c’est ce que tu vas donner dans les 3 tomes qui s’annoncent…. 

Oui, mais ce n’est pas la même chose. 

Et pourquoi donc ? 

Parce que… t’es chiant, Tom !   

Je veux juste aider des auteurs et qu’on t’apprécie à ta juste valeur. 

Très bien, si tu insistes… mais ne prenez pas argent comptant ce que je vais dire ici. C’est à vous de vivre vos expériences…. Il est vrai que j’ai eu la chance et malchance d’être publié de la plus grosse à la plus insignifiante maison d’Édition. Quand on dit maison d’édition, il faut bien distinguer les choses. Une vraie maison d’édition ne te fera jamais payer quoi que ce soit ni ne cachera des frais dans la vente de tes premiers livres pour payer soit la couverture, soit d’autres frais. Ça s’appelle une arnaque pour cette dernière version. À la limite, c’est pire que d’être à compte d’auteur, car là au moins c’est clair, c’est à toi de débourser et rien n’est caché ou maquillé. Mais il y a tant de maisons différentes et surtout ces dernières années, de pseudo-maison d’édition. Ce que je peux dire, mais peut-être préparerai-je des post sur notre blog afin de mieux aider les auteurs en herbe, c’est qu’il ne faut pas rêver, garder les pieds bien sur terre et ne pas penser que vous allez gagner votre vie avec la parution d’un livre. Cela reste très difficile, à moins d’un énorme succès. Tout comme ne vous imaginez pas être mieux soutenus par une grande maison. Croyez-moi. Beaucoup ne vous publient que parce qu’ils reçoivent une aide qui ne leur fera pas perdre de l’argent ou qu’ils ont de gros auteurs qui le leur permettent, mais n’en demandez pas plus. Je sais, ce n’est pas très optimiste, mais tu m’as demandé mon expérience et malheureusement, je dois déplorer bien plus de déception en la matière que de satisfaction. Sans compter certains se disant éditeurs et ne corrigeant pas même ton manuscrit. Ça, c’est un comble…   

Revenons à ton roman NEVADA, tu y mêles des célébrités et cela rend cette histoire encore plus intrigante, comment les as-tu choisies ? 

En fonction de mon feeling et de mon admiration pour elles. Je trouvais intéressant que Laurette côtoie ce genre de personne et n’y prenant pas plus garde que son aide de cuisine, Rose.   

Excepté Patrick Swayze ? 

En effet, lui, elle l’adore. Et je crois l’avoir assez bien décrit. Je suis très proche de sa manière de penser. Enfin, lorsqu’il était vivant. J’adorais ce type.   

Comme beaucoup de monde. Quelle est la suite pour toi, tes projets ? 

Ces 3 volumes de non-fiction qui je l’espère sauront trouver preneurs, terminer CAT-COVID que les gens ont adoré pendant le confinement et bien d’autres projets…  

Sans parler de nos écrits que tu chapeautes d’une main de maître. 

Je fais de mon mieux les garçons… 

Merci pour ta franchise et cette magnifique photo de toi et Max…




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S'Wonderful - Petits Désastres Heureux


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