27 Jan
27Jan

Parole à l’auteur 

  

Auteur : Tom Huxley 

Ton expérience et ta collaboration pour la traduction de Yukon en anglais


Bonjour, Tom, comment vas-tu en ce début d’année ? 

J’aimerais dire que tout va bien, malheureusement je trouve l’ambiance un peu pesante en ce début d’année comme tout le monde je suppose. Mais sinon je vais bien merci. 

Nous allons parler ici de ton expérience avec Josie pour la traduction de Yukon en anglais, car nous pensons que ça va en intéresser plus d’un : 

Oui j’imagine et je remercie Écueil Éditions pour cette opportunité, car ce n’est pas banal.

Ce fut un concours de circonstances et sans doute les étoiles se voulant dans une bonne disposition pour nous lancer, mais c’est surtout grâce à Josie que je connais pour ma part depuis des années.   

Une magnifique personne. Généreuse et tellement drôle... 

Peux-tu m’en dire plus sur cette collaboration ?   

C’est déjà juste incroyable de pouvoir être traduit, mais avec une pointure comme Josie, qui est passionnée et perfectionniste, je sais et je l’ai tout de suite compris, que j’étais entre de bonnes mains.

Quelles sont pour toi les plus grandes différences entre ces deux versions ? 

Ce qui m’a le plus surpris et que j’ignorais totalement, ce sont les dialogues que l’on met entre guillemets et non pas avec un trait cadratin. C’est une énorme différence de conception et de mise en page. Il faut être beaucoup plus attentif à tous les détails, préciser mieux qui parle, car on peut vite s’emmêler les pinceaux. Ce fut vraiment la plus grande surprise pour moi.  Ensuite il y a des mots et surtout des expressions typiquement et uniquement françaises que l’on ne peut pas traduire en anglais. Il faut trouver autre chose, une autre tournure de phrase, d’autres mots, ce qui me fait dire ici et croyez bien que ce n’est pas un euphémisme, que c’est un autre livre qui va être proposé aux lectrices et lecteurs anglophones tout en gardant bien sûr la trame et l’essence de mon histoire… ce que je veux dire par là, et je salue les heures de boulot de Josie, c’est que la traduction d’un livre ce n’est pas juste traduire des mots d’une langue en une autre, il faut être cohérent, précis et ne pas trahir l’essence même de la version originale.  Il y a aussi les émotions qui ne sont pas traduites de la même manière et ça peut chambouler au début. Voire, nous faire nous remettre en question, car on voit sous un autre angle certains chapitres. Ça a été d’ailleurs très bénéfique pour la réédition du livre en français. Les surnoms (nicknames) sont aussi très différents et il faut bien penser à ce qu’on va mettre ou pas. Darling ne voulant pas signifier la même chose que Buddy.    

Quel est ton niveau d’anglais ? 

Je me débrouille, mais je ne suis pas entièrement bilingue. 

Mais Josie ne parle que l’anglais ? 

Elle a de très bonnes notions de français et est d’origine italienne, ce qui lui permet peut-être d’avoir cette approche et cette sensibilité unique pour un texte de langue latine. Mais elle ne parle plus français, elle dit qu’elle n’est pas assez au point pour une conversation, nous n’avons donc parlé qu’en anglais et en langage des mains. 

Je sais que vous avez passé des heures à débattre et trouver les bons mots, cela t’a-t-il semblé éprouvant à un moment ou un autre ?   

Jamais, ce ne fut que du bonheur avec Josie. La seule chose qui aurait pu être éprouvant c’est mon impatience à voir chacun des chapitres se transformer en la version anglaise. 

Peux-tu nous donner quelques moments mémorables vécus avec Josie, je sais qu’il y en a eus de sources sûres ? 

Je vois qu’elle t’a tout dit, la traitresse !   

Pas tout, mais quelques situations et détails amusants en effet.

Eh bien, je pense que l’un des moments les plus mémorables fût le premier contact avec elle. Elle a pris un air sérieux avec ses fleurs colorées dans les cheveux, en me disant : « on va s’y mettre vraiment sans trop s’étaler ou partir dans tous les sens On va s’attaquer à ce que j’ai souligné en rouge en premier, des passages dont il faut vraiment être sûr du sens ou carrément changer car ce n’est pas possible en anglais » et juste après, notre première traduction à réviser se voulait une scène de sexe. Inutile de rappeler que je suis un homme et que Josie est une femme et que certains aspects de notre sexualité ne sont pas abordés forcément de la même façon ou pas du tout abordés. Lorsqu’elle a commencé à poser une question sur la position de nos deux lascars à un chapitre, on pouvait totalement imaginer comme un film déroulant devant nos yeux, ma version et la sienne, qu’elle tentait de visualiser au mieux et à un moment donné, elle s’est retrouvée avec le pénis de Dylan dans toutes les possibilités et situations imaginables et inimaginables, elle n’arrivait pas bien à comprendre comment certaines choses pouvaient être possibles ou le plaisir que deux hommes pouvaient en retirer... Tu sais c’est très drôle d’expliquer ce genre de choses à quelqu’un qui te regarde droit dans les yeux et commence à mimer la scène pour mieux se l’imaginer. Bref ! C’était à mourir de rire, on a eu un fou rire qui a duré et duré à chaque fois qu’on repensait à ce moment et ce, jusqu’au petit matin. Josie s’est sans doute demandé dans quoi elle venait de s’embarquer. 

Elle m’en a parlé oui. 

J’espère qu’elle n’a pas tout dévoilé de ces échanges... 

Ne t’en fais pas, je ne trahirai personne ici. 

Mais c’était tellement drôle. Cela étant, lorsqu’on partait dans l’émotion, c’était vraiment intense. Josie vit cette histoire et elle y croit, donc c’est déjà très valorisant pour moi en plus de vraiment bien comprendre les personnages et ce qu’ils vivent. La voir si enthousiaste m’a beaucoup touché et fait du bien, disons-le. 

Tu émets encore des doutes sur ce beau roman auquel on croit tous ici (Écueil Éditions) et duquel de très nombreux lecteurs et lectrices ont cru et croient encore d’après les messages reçus ? 

Un auteur aura toujours des doutes, tu es bien placé pour le savoir. C’est aussi ça qui nous fait avancer, je crois.  

 Est-ce que tu dirais que traduire un livre c’est se livrer un peu plus, se mettre à nu devant une autre personne, donner de soi à un/une inconnue ? 

En voilà-t-il une bonne question qui est déjà presque une réponse. Eh oui, c’est très juste, on peut se sentir vulnérable à certains moments, mais Josie nous met à l’aise et une complicité s’est très vite créée au fil des zoom. J’ose à peine imaginer un auteur devant travailler avec un traducteur avec lequel il n’est pas à l’aise ou qu’il ne sent pas plus que ça. Ça doit être horrible. Mais comme m’a expliqué Josie, la plupart des maisons (en tous les cas les grandes maisons), font traduire des textes sans forcément mettre en contact l’auteur et le traducteur, ce qui peut créer de drôles de surprises… elle m’a montré quelques exemples et ce n’est pas triste… 

Penses-tu que Josie a peur de mauvais commentaires à ce sujet ? 

Bien sûr, même si elle est très confiante et prof d’anglais. Je pense que la manière dont elle s’y est prise ne peut que donner un travail rendu de qualité. Et les heures passées à traduire ensemble et refaire le monde à certains moments vont obligatoirement se ressentir. Du reste vous êtes en train de peaufiner les derniers détails il me semble…  

Oui en effet. C’est du boulot. Tu es inquiet de la suite ? 

Avoir  un roman publié en une autre langue, et même si c’est sur amazon reste un nouveau chalenge. Nouveau lectorat (il faut déjà le trouver), nouvelles réactions, nouvelles émotions. On espère que ce livre ne laissera pas indifférents les gens, mais à l’heure où je parle, personne ne peut dire ou prédire l’avenir de cette version. Il suffit parfois d’une personne pour que tout change et fasse basculer un simple petit livre en phénomène ou du moins, en un petit succès. Mérité ou pas d’ailleurs. Comme dit Josie, le plus important dans cette aventure, car croyez-moi c’en est une et pas des moindres, c’est les bons moments et le plaisir qu’on a eu à faire ce travail.   

On croise les doigts ? 

Oui, on croise les doigts. Après tout, lorsqu’on a lancé Yukon en français, jamais on n’aurait pensé avoir autant de réactions et de lecteurs, c’était inespéré.    

Ton deuxième tome de Yukon sort le 14 février, es-tu anxieux ? 

Oui bien sûr. Je connais les gens, je sais comment ils fonctionnent en cette époque et cette période sombre n’arrange pas les choses, je pense. J’ai quelquefois l’impression que les gens se lassent très vite… qu’il s’agisse d’auteurs comme de mode d’ailleurs et c’est un peu dommage. Nous verrons si les lectrices et lecteurs suivent, mais bien sûr, c’est ce que j’espère au plus profond de moi. 

Tu n’en diras pas plus sur ce tome 2 ? 

Je laisse les lectrices et lecteurs le découvrir, mais ce que je peux dire, c’est que c’est riche en émotions et en rebondissements. Ça ne nous amène que rarement là où l’on pense être amené.   

Tu nous intrigues. 

Mais j’espère bien.

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